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TDAH et le déchirement familial

par Thomas Etienne


Nous sommes une famille de cinq, et moi je suis l’ainé parmi trois frères. Le benjamin de la famille et moi sommes diagnostiqués TDAH. Comme je l’ai dit dans un autre article, ma mère n’a pas encore reçu de diagnostic, mais elle démontre tous les signes du TDAH ou sinon, elle est atteinte d’une autre forme comme le TDA, je ne peux le confirmer. Donc trois personnes sur cinq ont cette condition parmi nous: est-ce que ça fait de nous une famille normale ? À peu près! Notre présence est toujours visible ou auditive : les vacances, les loisirs, le cinéma et la plage. L’agitation et le désordre qu’on amène sont souvent accompagnés de soupirs résignés de la part de nos parents : « on en a marre, ils ne tiennent plus en place, il faut faire quelque chose. »

Élever et vivre avec la partie de la famille atteinte de TDAH est une épreuve quotidienne pour mon père et mon frère cadet qui vivent difficilement cette situation. Trop souvent, on ne pense pas à ceux au sein de la famille qui n’ont pas les symptômes. Ils n’ont souvent d’autre choix que d’accepter la situation qui souvent les dépasse. J’observe que notre vie de famille est grandement affectée, et ce, même dans les relations entre mes parents. Mésententes, reproches, à qui la faute de cette situation ? Pour notre famille, il est clair que la cause est génétique. Selon les données, de 75 à 80 % des enfants atteints de TDAH l’héritent majoritairement d’un des deux parents. Souvent, les personnes atteintes comme ma mère ou ne sachant pas réellement ce qu’ils ont vont longtemps refuser d’admette qu’il y a quelque chose qui cloche. Encore aujourd’hui, le TDAH reste une condition méconnue. Mais comme mon père me racontait dans le passé, on pensait que le TDAH, ce n’était que des enfants turbulents et qu’il fallait simplement qu’ils reçoivent une bonne correction pour arranger le tout. Cette mentalité qui est encore un peu présente fait en sorte que plusieurs personnes pensent qu’on agit par mauvaise volonté. On pense ainsi parce qu’on observe que l’inattention du TDAH est souvent variable. Il y a des moments où on est concentré, il y a des moments où on ne l’est pas. Mais quand on comprend le pourquoi de notre condition, on voit que cela fait partie de nos symptômes, on fait volontairement nos tâches sous la menace ou quand on aime la chose. Donc, il est difficile même pour mes parents de distinguer le faux du vrai et le vrai du faux. Qu’est-ce que tout cela crée au sein de ma famille divisée par cette condition? Une panoplie d’émotions et de défis dans notre quotidien. Les sentiments de rejet, d’exclusion et de déception peuvent refaire surface à la maison.


Donc, qu’est-ce qui nous aide à régler nos différends? Des rencontres hebdomadaires ou on discute de nos mésententes : cela peut amener à beaucoup d’explosions, surtout du côté TDAH où souvent, la critique est difficile à accepter. Un autre moyen d’apaiser les tensions est de faire des activités extérieures ensemble tout le monde sans exception. Finalement, se réunir et simplement jouer au monopoly ensemble apaise également nos différences.




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